Prévention |
| Corps Avons-nous un corps, sommes-nous notre corps ? Les gestes de la sexualité sont l'expression de toute la personne en ce qu'elle a de plus intime.Le corps prostitué est un corps qui ne s'appartient pas. Un corps objet. La prostitution met en jeu un rapport de dominantà dominé(e). On y devient exploiteur et exploité. Dans certains cas, on peut se prostituer parce que l'on a été victime d'abus sexuels. La personne et sa sexualité ont été séparés, le corps a été détroit ou dévalorisé.La sexualité humaine n'est pas une fonction biologique comme boire et manger, pas un simple instinct. Elle tient compte de l'autre, elle s'épanouit dans la réciprocité. |
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Tout le monde dit que la prostitution, c'est le plus vieux méfier du monde! Mais bourreau est un "métier" encore plus vieux, et on ne s'en lave pas les mains pour autant... Utiliser cette expression, c'est laisser entendre que la prostitution, c'est "naturel". Qu'il serait dans la nature des filles, des femmes, d'être à vendre ! Nos sociétés ont été fondées par des hommes. Pour leur confort, ils ont divisé les femmes en deux catégories: la maman et la putain. Pour justifier la prostitution, ils ont toujours affirmé que leur sexualité était soumise à des pulsions incontrôlables, que, si on ne leur fournit pas de prostituées, ils seront violeurs... En l'an 2000, ce serait encore ça, un homme? C'est la culture pas la nature! qui a encouragé les garçons à "jeter leur gourme", à montrer leur virilité... et a prié les filles de "faire attention" ... vieux schéma dont nous avons encore du mal à sortir. Pourtant, le monde a évolué. Aujourd'hui, les filles n'acceptent plus que la prostitution soit une fatalité, et de plus en plus de garçons avec elles. Quant au plus vieux métier du monde, ne serait ce pas plutôt celui de sage-femme? |
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Quelle est la pire injure de la langue française ? C'est "putain". Un mot qui ne vise que les filles. Qui assimile filles et prostituées. Une fille qui multiplie les conquêtes est une pute, un garçon qui fait « tourner les filles » est un don juan. Pute, putain, salope, réduisent la fille à son sexe et n'expriment par ce sexe qu'un profond mépris. Pour désigner les personnes prostituées, on entend beaucoup de mots: « Professionnelle de l'amour » mélange l'idée de métier et l'idée d'amour. Un drôle de paradoxe... L'amour est gratuit, le sexe prostitutionnel payant. Comment vendrait-on de L'amour ? « Travailleuse sexuelle » fait croire qu'il s'agit d'un métier comme un autre. Dans ce cas, soyons logiques: organisons des cours dans les établissements scolaires et proposons dans les ANPE des offres d'emploi du type: « place disponible rue Saint-Denis, au numéro 22 »... |
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Dans la prostitution, mauvais traitements et humiliations sont quotidiens. De cette violence, personne ne parle. Elle est couverte par le silence, effacée par l'argent. Se prostituer, c'est quoi en réalité ? C'est vivre coupé(e) en deux, s'anesthésier pour ne pas sentir, s'interdire d'exprimer son rejet ou son dégoût. Attendre que ça finisse. Il a fallu des siècles pour que certaines violences, comme les abus sexuels, sortent au grand jour. Pour que le viol soit tenu pour un crime alors qu'on le considérait comme une fatalité. Dans le viol comme dans la prostitution, la personne-objet est niée comme sujet de désir et de plaisir et transformée en être de seconde zone. Si le viol est une agression obtenue par la contrainte, la prostitution n'en constitue-t-elle pas une par l'argent ? « Bizarrement, dans la prostitution, ce n'était pas moi. J'avais l'impression d'être deux personnes, » « Dans la prostitution, on ne pense pas, on ne se pose plus de question, C'est une vie en sommeil, un état second, » « Quand j'ai quitté la prostitution, je ne pouvais plus supporter qu'on me touche. » |
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Ils s'accordent toujours de « bonnes raisons »: ils se sentent seuls ou malheureux, ils ont "droit" au plaisir sexuel. Les clients ne se posent aucune question sur la personne qui est en face d'eux elles raisons qui ont pu la pousser à se prostituer. Ils préfèrent croire « qu'elle aime ça ». Avec leur argent, ils « achètent » son silence, le droit de ne pas se soucier d'elle, de ne pas lui donner de plaisir, de ne pas s'engager. Le droit d'être des exploiteurs. Justifier la prostitution, c'est justifier une sexualité de garçons irresponsables. Le marché de la prostitution est une entreprise de récupération. Il fait de l'argent sur la détresse de jeunes qui ont été maltraités dans leur corps ou dans leur tête, mais aussi sur l'incommunication, le non-dit qui règne dans les couples. Au lieu de régler les problèmes, il crée une situation où chacun exploite l'autre: l'un est transformé en portefeuille, l'autre réduit à l'état de machine sexuelle. Les proxénètes n'oublient pas d'empocher les bénéfices. En Suède, depuis le 1 er janvier 1999, il est interdit d'acheter des « services sexuels ». Le client est passible d'amendes et de peines de prison. Cette décision fait partie d'un plan global intitulé « La paix des femmes », qui réprime le viol, le harcèlement sexuel, l'excision et les violences conjugales. La prostitution est désormais considérée comme une violation des droits de la personne. |
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Tous les récits des personnes prostituées se rejoignent sur un point: le danger. « Avoir des yeux derrière la tête », apprendre à repérer les clients dangereux, s'enfuir à la première alerte... « La peur, il faut vivre avec, constamment. » Il arrive que des jeunes « en galère » se prostituent occasionnellement en échange d'un hébergement ou d'un repas. L'entrée dans l'engrenage de la prostitution n'est pas volontaire. Ce n'est pas un choix. La prostitution de luxe semble privilégiée. Mais le luxe ne protège ni contre l'abus, ni contre la violence, ni contre le dégoût. L'apprentissage de la séduction est celui de la soumission et l'usage qui est fait des « call-girls » sert surtout à enrichir des réseaux d'exploiteurs. Le risque de devenir proxénète ou client existe aussi. |
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« On est dedans, on ne voit plus que des gens qui sont dedans, et la vie passe, J'ai vécu décalée pendant des années, en faisant une croix sur le monde extérieur, En fait, la prostitution c'est comme une secte, » C'est une exclusion parmi les autres exclusions et une conséquence de celles-là... Elle marginalise jeunes et adultes, personnes prostituées, proxénètes et clients. |
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Le corps est de plus en plus considéré comme une marchandise dans l'économie moderne. Les méthodes des trafiquants sont impitoyables: retrait de passeport, chantage, violence physique et psychologique, menaces. Pour l'instant, cet esclavage moderne intéresse peu la communauté internationale. La prostitution fait tellement partie des habitudes .... La prostitution est le but du trafic des femmes et des enfants. Tant que les clients y auront recours, tant que les États et les citoyens ne s'attaqueront pas au problème, les trafiquants et proxénètes continueront leur « commerce ». Au siècle dernier, les États ont pris conscience de la nécessité de lutter contre l'esclavage des Noirs. Pourquoi ne lutteraient-ils pas aujourd'hui contre la prostitution, forme contemporaine d'esclavage selon les termes de l'ONU ? |
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De plus en plus de personnes prostituées sont toxicomanes. Soit qu'ils/elles se prostituent pour acheter de la drogue, soit qu'il/elles se droguent pour tenir dans la prostitution. Drogue et prostitution représentent un cumul de destructions et d'exclusions: dépendance à l'égard du produit, du dealer, violence... « Il faut être défoncée pour tenir le coup. » « Je me suis dit que j'allais arrêter la drogue et continuer la prostitution pour me faire plein d'argent, Mais j'étais tellement mal que j'ai recommencé à consommer, En faisant des passes en pleine lucidité, je me sentais minable. » « Pour moi, la prostitution, c'est-une dépendance, comme la drogue.» |
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Aimer le sexe, c'est normal! La pornographie n'aime pas le sexe... L'image qu'elle en donne est technique, débarrassée de tout ce qui en fait le coté humain: l'émotion, le trouble, l'attente, le désir. Restent la performance, la rapidité, et souvent la violence. En réalité, la pornographie nie la sexualité. Elle la manipule en banalisant l'idée d'un lien entre violence et plaisir. l'amour, ce n'est pas ça. La pornographie use des mêmes codes que la prostitution: pas de relation, temps réduit au minimum... et rentabilité ! Les deux sont des entreprises commerciales. Leur seul but: faire de l'argent, beaucoup d'argent: sex-shops, peep-shows et prostitution se côtoient. Consommer l'un pousse à consommer l'autre. La pornographie et la prostitution réduisent les femmes et les hommes à des sexes. Elles encouragent le malentendu entre garçons et filles, la difficulté à communiquer, à se reconnaître comme sujets, à se respecter. Faut-il vraiment défendre la pornographie au nom d'une « liberté d'expression » qui n'est que la liberté de faire du profit ? |
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Avec le développement des communications, la prostitution a connu un «boom» dans le monde entier. Les trafics de femmes et d'enfants se sont multipliés. Comment en serait-il autrement dans un monde qui banalise la prostitution et en fait un passe-temps sans conséquence ?Le tourisme sexuel est devenu un « loisir » comme un autre. Des hommes des pays riches, entre autres des Français, prennent l'avion pour aller exploiter des enfants ou des jeunes filles des pays pauvres. C'est quoi sinon une nouvelle forme de colonisation ? |
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De plus en plus d'enfants sont exploités par le marché du sexe à travers le monde. Certains n'ont pas dix ans. Ils en sortent gravement traumatisés, et en grand nombre, malades du sida. On oublie trop de parler de leurs clients! Qui sont donc les hommes qui vont au bout du monde payer des enfants pour ça? Aujourd'hui, on s'étonne, on se scandalise. Mais personne n'a jamais songé à se scandaliser quand la prostitution vendait des jeunes filles et des femmes. On a laissé le marché se développer. En toute logique, il a trouvé de nouveaux « produits » à vendre. Plus jeunes, plus « frais ». En France, officiellement, la prostitution des enfants n'existe pas. Qui peut affirmer qu'elle n'existera demain? Aujourd'hui tout le monde est d'accord, à juste titre, pour lutter contre la prostitution des enfants. Les mêmes sont prêts à légaliser la prostitution des adultes. Un scandale à 18 ans moins un jour peut-il donc devenir un bon métier en 48 heures ? |
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Aujourd'hui, on nous dit que tout est bon à consommer. La publicité place le droit au plaisir au-dessus de tout et réduit nos désirs à une série d'envies immédiates: « Je m'en sers puis je les jette », slogan pour des lentilles jetables, est un peu le symbole des années 90. Filles et garçons, femmes, hommes, enfants, deviennent des objets de consommation: on veut nous faire croire qu'il est aussi normal d'acheter une personne prostituée qu'une pizza ou un CD, qu'il s'agit de « liberté sexuelle ». Une « liberté » qui nous laisse seuls avec nos difficultés mais enrichit l'industrie du sexe. Voulons-nous devenir des citoyens ou rester des consommateurs ? La prostituée c'est Pretty Woman. Une belle fille épanouie qui vit un conte de fée. Ça, c'est du cinéma |
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Il paraît qu'on se prostitue pour l'argent. La prostitution peut sembler un moyen rapide d'en gagner, de s'offrit les signes de réussite qu'exige la société de consommation. Ne parle-t-on pas d' «argent facile» ? En réalité, c'est de l'argent difficile à gagner, puisque c'est contre soi-même, contre son propre désir. On se prostitue pour des raisons plus profondes que le besoin d'argent. Des raisons invisibles. Pour combler des manques, des problèmes familiaux et affectifs, pour croire trouver une « valeur ». L'argent est un masque. Neuf fois sur dix, il est « claqué », justement parce qu'il n'a pas de valeur... Argent mirage. L'argent est aussi le signe d'un règlement de comptes. Beaucoup de femmes prostituées n'ont pour les hommes que de la haine. Elles les font « payer ». L'argent de la prostitution va dans les poches des profiteurs. Qui l'a déjà vu rester dans celles des personnes prostituées ? « Avec ce que j'ai gagné, je devrais avoir un château. Et je n'ai rien. » La pauvreté n'est pas la seule cause de la prostitution. Une cause essentielle est à chercher dans les têtes, dans les mentalités, dans les structures économiques et sociales. En Asie du sud-est, par exemple, la prostitution a augmenté avec la croissance économique. L'augmentation des revenus a servi à créer de Nouveaux clients... |
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En France, la loi n'interdit pas la prostitution. Elle peut s'exercer à condition que ce soit sans manifestation visible, on pourrait dire sans déranger personne. Seuls tombent sous le coup de la loi le « racolage » sur la voie publique et le proxénétisme. Est entre autres proxénète « celui qui aide, assiste ou protège la prostitution d'autrui », en tire profit ou en partage les produits (on dit vulgairement un « mac »), « embauche, entraîne ou détourne une personne en vue de la prostitution » (Code Pénal). Dans notre pays, les rapports sexuels avec des mineurs de moins de 15 ans sont formellement interdits. Sans exagérer les dangers, il faut savoir que les proxénètes usent beaucoup des nouvelles technologies: minitel, internet. Il faut être vigilant et faire également attention aux petites annonces (par exemple dans les journaux gratuits) proposant des castings, des photos, des emplois de mannequins, etc... L'État encaisse des impôts sur les revenus des personnes prostituées. Il touche également des taxes sur le minitel rose et les cassettes pornographiques. La répression du proxénétisme est théoriquement de plus en plus sévère. En réalité, beaucoup de proxénètes ne sont pas inquiétés. Et si on commençait par appliquer la loi ? |
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Les garçons ont les memes problèmes que les filles. Avec la banalisation de la prostitution, certains sont tentés par cette « solution »: la prostitution. Pas plus que les filles, ils ne peuvent y trouver de réponse à leurs difficultés. La prostitution les démolit même encore plus rapidement, à cause du recours à des pratiques dangereuses, comme l'injection d'hormones destinée à féminiser le corps. Également à cause du rejet qui survient très tôt: on est vieux « plus jeune » quand on est un garçon. Les clients sont des hommes. Il ne faut toutefois pas confondre homosexualité et prostitution. Les travestis et les transsexuels, hommes à l'apparence de femmes, représentent aujourd'hui une part grandissante de la prostitution masculine. Ils attirent des clients de plus en plus nombreux, en quête perpétuelle de nouvelles sensations, de nouvelles expérimentations Quelle réponse à ce qui n'est finalement qu'une demande d'amour? Un monde sans prostitution, c'est possibble. Garçon ou fille, j'ai droit au respect. |
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Aujourd'hui, les femmes se battent pour la parité. Peut-on lutter pour leur entrée dans la vie politique et pour la légalisation de la prostitution, qui les réduirait officiellement à l'état d'objets sexuels assignés au service des hommes ? Ce n'est pas logique. C'est pourtant ce que certains' pays d'Europe (les Pays-Bas) tentent actuellement d'obtenir. A l'heure où la prostitution est devenue une réalité mondiale de plus en plus banalisée par les états et les organismes internationaux, il faut imaginer une nouvelle façon de vivre en société. Une éthique pour demain. L'idée fondatrice ne pourrait-elle pas en être cette phrase du philosophe Kant: « Autrui ne peut être considéré comme un moyen, il doit être regardé comme une fin » ? |
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La prostitution est une organisation qui met en cause notre responsabilité à tous. Il faut rompre le silence. Dénoncer la pauvreté mais aussi l'argent-roi, les inégalités entre gar~ons et filles, hommes et femmes, afin'mer que l'on peut ne plus devenir pros-rimé(e), proxénète, client. Pour changer la société, il faut s'engager. Collectifs, associations d'élèves, syndicats de lycéens, mouvements de jeunes... S'informer aussi. Peut-on aujourd'hui tout ignorer de la Convention des Droits de l'Homme ou de celle des Droits de l'Enfant ? Tes problèmes, tu peux en parler. Parler, c'est le début de la solution. |
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